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Aménager le territoire Martiniquais, entretenir et mettre aux normes des infrastructures ou des bâtiments sont autant de chantiers impactant le territoire local. En Martinique, les déchets issus du BTP représentent des quantités très importantes aux enjeux primordiaux en termes de gestion et de valorisation. Selon le plan BTP de 2007, co-élaboré par la DEAL et l’ADEME, le gisement de déchets du BTP sur l’île est estimé à près de 280 000 tonnes. Cette problématique est également traitée au niveau national, comme le signale le rapport DEMOCLES de mai 2016 : le contexte réglementaire vise un objectif de 70% de valorisation matière des déchets non dangereux du BTP d’ici 2020. Les différentes acteurs du bâtiment et du BTP doivent donc faire face à des contraintes opérationnelles très fortes.

Les données du rapport DEMOCLES

Prendre en compte la diversité des déchets

La très grande majorité des déchets traités et collectés est constituée de déchets inertes (bétons, terres cuites, enduits, etc.) Les déchets de second oeuvre du bâtiment, autrement dit tous les éléments qui ne sont pas constitutifs de la structure d’un bâtiment (à l’exception du plomb et de l’amiante, qui dépendent d’une réglementation spécifique) sont, eux, peu valorisés. En effet, leur valorisation nécessite de prendre en compte une très grande diversité de matériaux et d’équipements, donc de problématiques. Le Ministère de l’écologie a estimé la quantité des déchets de second oeuvre à plus de 10 millions de tonnes par an (source : SOES), soit plus de 30% des déchets produits par les activités du bâtiment.

Valoriser les déchets de second oeuvre ne coûte pas plus cher

Les données économiques recueillies sur les chantiers test ont montré que les pratiques actuelles sont génératrices de coûts cachés dont la disparition serait susceptible de compenser les surcoûts que pourraient générer certaines filières de valorisation actuellement plus chères que la mise en décharge. Un conditionnement adapté des déchets permettant leur valorisation effective est possible à périmètre de coûts constant.

Un besoin de transparence dans le devenir des déchets

La notion de taux de valorisation effective des déchets semble confuse pour beaucoup de maîtres d’ouvrage et maîtres d’oeuvre qui considèrent à tort le taux de valorisation communiqué par le gestionnaire des déchets comme étant celui de leur chantier. Par ailleurs, l’absence d’information facilement accessible à tous les intervenants sur les conditions de reprise des différentes familles de déchets valorisables par territoire ne fait qu’ajouter à la confusion. La transparence sur le devenir des déchets est une première condition indispensable à l’amélioration de leur gestion. Cependant, l’évolution des pratiques ne pourra se faire sans le concours de l’ensemble des intervenants, à commencer par la maîtrise d’ouvrage.

La gestion des déchets, une responsabilité qui nécessite la coordination de tous les intervenants

La prise de conscience par la maîtrise d’ouvrage de ses responsabilités et la montée en compétences des différents intervenants doit s’accompagner d’outil(s) de pilotage de gestion des déchets du bâtiment.

Les caractéristiques des déchets du secteur du bâtiment

La diversité des déchets produits

La très grande diversité de déchets produits dans le secteur du BTP (taille, nature, concentration, fréquence des chantiers) nécessite une organisation propre, et une collecte adaptée à la fluctuation de la production ainsi que des structures de regroupement et de tri (plates-formes spécifiques).

De nombreux acteurs

Une multitude d’intervenants sont concernés par cette problématique de gestion des déchets du bâtiment : maître d’ouvrage, maître d’œuvre, coordonnateur en matière de sécurité et de protection de la santé (CSPS), bureau de contrôle, entreprises et sous-traitants, etc. Cette multitude d’acteurs (et la diversité de leurs métiers ) augmente les difficultés de gestion, chaque partenaire ayant une part de responsabilité dans la gestion de ses déchets. De plus, cette très grande diversité dans les professions et la taille des entreprises pose d’importantes difficultés en ce qui concerne l’information, la sensibilisation et la formation à la gestion de ces déchets spécifiques.

L’élimination des déchets du bâtiment

De par la nature variée des déchets issus des chantiers, ces derniers ne peuvent pas toujours suivre les filières traditionnelles de collecte, d’élimination et de traitement des déchets ménagers et des déchets des autres entreprises.

De réelles potentialités de recyclage

Cependant, de nombreux matériaux contenus dans les déchets du bâtiment, s’ils ne sont pas mélangés entre eux peuvent être recyclés et réutilisés.

La classification des déchets du BTP

Les déchets inertes

Les déchets inertes ne se décomposent pas, ne brûlent pas, et ne produisent aucune autre réaction physique, chimique ou biologique de nature à nuire à l’environnement ou à la santé.

Il s’agit des :

  • – Bétons,
  • – Briques, tuiles et céramiques,
  • – Mélange de béton, briques, tuiles et céramiques,
  • – Verre (partie vitrage uniquement),
  • – Terres et pierres (y compris déblais mais hors terre végétale).

Les déchets non dangereux non inertes

Nommés autrefois déchets industriels banals (DIB), les déchets non dangereux sont des déchets ni inertes, ni dangereux pour l’environnement ou la santé.

Il s’agit notamment des :

  • – Métaux et leurs alliages,
  • – Laines minérales,
  • – Cartouches ne contenant pas de produits toxiques,
  • – Mélanges de ces différents déchets, y compris les mélanges contenant des déchets inertes,
  • – DEEE (déchets d’équipements électriques et électroniques) ne contenant pas de substances dangereuses,
  • – Déchets alimentaires liés à la vie sur le chantier…
  • – Bois bruts ou faiblement adjuvantés,
  • – Papiers,
  • – Cartons,
  • – Plastiques,
  • – Du Plâtre.

Les déchets dangereux

Les déchets dangereux contiennent des substances dangereuses pour l’environnement ou la santé des hommes. Ils sont notés avec un astérisque dans la classification des déchets. La réglementation impose pour ce type de déchets, un suivi rigoureux de la traçabilité des déchets dangereux à l’aide de documents administratifs comme les bordereaux de suivi.

Il s’agit notamment des :

  • – Aérosols,
  • – Accumulateurs et piles contenant des substances dangereuses,
  • – Bois traité avec des substances dangereuses,
  • – Boues de séparateur d’hydrocarbures,
  • – Cartouches contenant des substances dangereuses,
  • – Emballages souillés par des substances dangereuses,
  • – Produits contenant du goudron,
  • – Lampes à économie d’énergie,
  • – DEEE (déchets d’équipements électriques et électroniques) contenant des substances dangereuses,
  • – Matériaux bitumineux sans goudron,
  • – Peintures, vernis, colles, solvants contenant des substances dangereuses,
  • – Pinceaux, chiffons souillés avec des produits dangereux,
  • – Produits absorbants pollués aux hydrocarbures,
  • – Transformateurs au pyralène, etc.

Comment agir pour limiter ou revaloriser les déchets issus du BTP ?

Pour atteindre les objectifs réglementaires, une prise de conscience est nécessaire à différents niveaux :

  • – Recourir aux matériaux recyclés, aux produits présentant le moins d’impacts pour le territoire ;
  • – Diminuer la quantité et/ou la typologie de déchets générés sur les chantiers grâce à des systèmes constructifs moins générateurs de déchets ;
  • – Généraliser le tri des déchets sur les chantiers par filières de valorisation existantes, en favorisant la hiérarchisation des modes de traitement de ces déchets (réemploi, réutilisation recyclage matière, valorisation énergétique) ;
  • – Caractériser les déchets (inertes / non dangereux / dangereux) et recourir à des prestataires et/ou à des installations habilitées à traiter ces différents types de déchets ;
  • – Inscrire son chantier dans une démarche plus vertueuse : chantier vert, notamment, prenant en compte les impacts du chantier sur son voisinage ;
  • – Développer l’ingénierie et les infrastructures nécessaires au déploiement de nouvelles filières de valorisation, favorisant l’économie circulaire …

Une politique en faveur de l’amélioration de la gestion des déchets

Depuis 20 ans, la France s’est fixée comme objectif de valoriser ses déchets. Des progrès importants ont déjà été accomplis, il y a un réel enjeu environnemental, social, mais également économique à consommer le moins de ressources possibles et à gérer au mieux ses déchets.

La France s’est engagée à appliquer un plan d’actions gouvernementales pour améliorer la gestion et le traitement des déchets avec pour objectif une réduction de 7 % de la production de déchets ménagers au cours des cinq prochaines années  et une diminution des quantités de déchets incinérés.

Outre la réglementation en matière de gestion des déchets s’appliquant à toutes entreprises, la Loi de Transition Énergétique a fixé un nouveau cadre en matière de recyclage de ces déchets avec :

  • – L’objectif d’utilisation de 60% de matériaux réemployés ou recyclés pour la construction de routes par l’Etat ou les collectivités territoriales d’ici 2020 ;
  • – L’obligation pour les distributeurs de matériaux de BTP de mettre en place un réseau de déchèteries professionnelles permettant de recueillir les mêmes types de produits que ceux qu’ils commercialisent ;
  • – L’encadrement des aménagements réalisés à l’aide de déchets prouvant une valorisation de déchets et non une élimination.
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Les méthodes de traitement des déchets en Martinique

La gestion des déchets du BTP en Martinique

Les chiffres clés

  • – Les déchets non dangereux (bois, béton, plâtre, ferraille, cartons, plastiques) : environ 43 000 tonnes ;
  • – Les déchets dangereux (peintures, solvants, huiles de vidange : environ 260 tonnes.

*Rapport les déchets du BTP de l’ADEME Martinique de 2007

La mise en œuvre du plan unique « Déchets » par la Collectivité Territoriale de Martinique va également intégrer des données liées à l’économie circulaire.

La gestion des déchets du BTP en Martinique

Les chutes de plaque de plâtre et les déchets d’étanchéité bitumineuse (VERAL) sont également pris en charge par SOS Déchets. Des contrats en apport volontaire sont mis en place avec nos partenaires ou plus rarement en collecte sur chantier (sur devis uniquement). À l’instar des solutions apportées pour les déchets de plaques de plâtre, SOS Déchets travaille à la finalisation de solutions pour la laine de verre et la laine de roche.

Les déchets inertes du BTP comme les gravats sont pris en charge chez Batimat Recyclage au Lamentin.

La gestion des déchets verts

La Martinique se distingue par son niveau d’équipement élevé en matière de traitement des déchets, notamment grâce à son incinérateur d’ordures ménagères, à Holdex, une initiative privée permettant la production de compost et amendement issues des déchets verts, et enfin à son Centre de Valorisation Organique dédié aux déchets verts, et à la fraction fermentescible des ordures ménagères.

Situé sur la commune du Robert, cet équipement accueille des biodéchets (déchets organiques) :

  • – Les déchets verts ;
  • – Une fraction des ordures ménagères (restes de repas, papiers, journaux, et végétaux de petite taille) ;
  • – Les déchets industriels et commerciaux biodégradables.

Grâce à la méthanisation et au compostage effectué au CVO, le Centre de Valorisation Organique permet de produire de l’électricité à partir du méthane issu de la décomposition de ces déchets spécifiques. Le CVO constitue la première unité de ce genre en outre-mer, la seconde unité structurante de traitement des déchets de la Martinique (après la CACEM) et la troisième unité de méthanisation de France.

La gestion des déchets dangereux

SOS Déchets en Martinique prend en charge la collecte, le conditionnement, le traitement et la valorisation des déchets dangereux dans des centres agréés, ainsi que l’apport volontaire sur son éco-site du Lamentin. Notre expérience de terrain nous permet d’apporter des réponses aux différentes problématiques de tous les professionnels, y compris du BTP afin de leur proposer des prestations sur mesure.